Le Plessis Trévise (94)
Programme d'auto-embellissement d'une centaine de logements par les habitants dans le cadre d'une opération de renouvellement urbain.
Région : ILE-DE-FRANCE
La cité de la joie au Plessis Trévise
Val de-Marne
2003-2004
Contexte et objectifs
Le projet de "mobilisation des habitants autour de l'auto embellissement de leurs logements s'inscrit dans le cadre plus large du projet de renouvellement urbain de la Cité de la joie au Plessis Trévise.
La cité de la joie est une des première cité d’urgence créée en 1954
à la suite de l’appel de l’Abbé Pierre. Construite dans le cadre des
LEPN (logements économiques de première necessité) la cité se compose à
l'origine de 250 logements en bandes construits en moins de 8 mois.
Après une première démolition reconstruction en 1976 qui permettra de
répondre à une urgence technique (résorber un habitat insalubre) se
pose aujourd'hui, avec le projet de renouvellement urbain, la question
de l'intégration de ce quartier dans la ville, de la pérénisation des
travaux entrepris, de son fonctionnement social et plus largement de la
construction d'une identité sociale et de l'accés aux droits des
habitants de ce quartier. Le projet de renouvellement urbain, démarré
en 2002 et qui doit s'achever en 2006, comporte :
- la démolition de 141 logements dont 100 collectifs et 41
pavillons
- la construction de 171 logements dont 122 collectifs et 49
pavillons
- la réhabilitation de 109 logements dont 100 collectifs et 9
pavillons.
Un dispositif d'accompagnement et d'information sur les relogements est
en place depuis le démarrage du projet.
Dans ce contexte de changement lié au renouvellement urbain de la cité et au vu des difficultés particulières rencontrées par la population, l'ensemble des partenaires ont inscrit cette cité dans un projet de quartier visant en particulier à mobiliser les habitants autour de leurs logements mais aussi de leur cadre de vie.
Les partenaires
AIPI Atelier pour l'Initiation la Production et l'Insertion (partie
opérationnelle technique)
Emmaüs Habitat (coordination du projet et recherche de
financements)
La Confédération Syndicale des Familles du Plessis-Trévise (à
l'initiative et porteur du projet)
Maison du Développement Local (mobilisation des habitants et
évaluation)
Les travailleurs sociaux de la CAF et du Conseil Général
Calendrier
Démarrage de l'accompagnement social en avril 2003
Début des travaux en juin 2003
Fin des travaux : février 2004
Déroulement du projet d'auto-embellissement
En 2001, la Confédération Syndicale des Familles du Plessis-Trévise interpelle Emmaüs habitat sur son souhait de permettre aux familles d'embellir l'intérieur de leurs logements. S'appuyant sur un travail de groupe de paroles qui avait permis de faire émerger des questions de solidarité de voisinage et d'appropriations des logements, Emmaüs Habitat et la Confédération Syndicale des Familles, soutenus par la Fondation Abbé Pierre, réfléchissent alors à un projet qui pourrait répondre à ces enjeux.
Organisation de la conduite du projet : un réseau de partenaires
Un comité technique réunissant les partenaires (CSF/Emmaüs
Habitat/AIPI/MDL) a été mis en place pour assurer le suivi oparationnel
du projet.
Un comité de pilotage qui réunit l'ensemble des partenaires
opérationnels et financier qui interviennent dans le projet : les
travailleurs sociaux et responsables de la CAF, la ville du Plessis
Trévise, Val de Brie insertion.
Des groupes de travail au fur et à mesure des questions et des besoins
pour permettre l'avancement du projet (communication, valorisation,
capitalisation...). Ces groupe ont apporté une aide à la décision et la
préparation des comités technique de pilotage.
Le plan d'action conduit et animé par le comité de pilotage :
Pour mobiliser les habitants et les associer au projet le comité de
pilotage a pris plusieurs initiatives :
- informer les habitants sur l'évolution des travaux et leur faire part
des premières réactions des locataires en mettant en place un groupe de
communication.
- évaluer et valider ce qui a été collecté
- rencontrer les habitants (organisation de pauses café)
L'accompagnement des familles :
La Maison du Développement Local a assuré un contact direct avec les
locataires concernés par la démarche (cent familles) pour recenser les
travaux à réaliser, d'informer les locataires individuellement sur
l'organisation du chantier, de les solliciter pour qu'un membre de la
famille participe aux travaux, de proposer une aide entre voisin et
d'établir des relations de confiance.
Des tracts et des réunions ont été permis de faire circuler
l'information, en travaillant en étroite collaboration avec les
responsables de la Confédération Syndicale des familles.
La dernière étape a permis de faire une évaluation par des temps de
parole, d'échanges et de confrontation. La Confédération Syndicale des
Familles a pu entendre les désirs des habitants et envisager des
actions pour la cité.
Ces liens tissés ont permis au chef de chantier d'entrer dans les appartements librement. Une collaboration entre le suivi social et le chantier lui-même a été établie dès le départ, rendant le travail plus fructueux.
La démarche du chantier :
Plusieurs étapes sont nécessaires pour amener le locataire à
participer à l'embellissement de son logement :
Passer chez le locataire pour organiser le chantier : état des piéces à
rénover, meubles à bouger, mettre les sols propres, définir les tâches
que le locataire peut faire.
Les travaux se réalise piéce par piéce, le logement est toujours occupé
par son locataire cela demande au chef de chantier et à la famille de
trouver les meilleurs solutions pour réaliser les travaux.
Les apprentissages : le chef de chantier propose au locataire de
réaliser lui même les travaux. Pour cela il l'accompagne dans les
gestes et les règles nécessaires pour accomplir ce travail.
Tous les locataires ont participés aux travaux de décollage, de
nettoyage des sols et d'aide à la pose de lino.
Ce dispositif a été complété par des chantiers d'utilité sociale sur la rénovation des halls d'entrées avec une équipe de trois jeunes du quartier et trois autre de Villiers sur Marne encadrés par Val de Brie Insertion. L'encadrement de ces jeunes par une équipe de prévention spécialisée a permis à ces jeunes de travailler sur des parcours d'insertion.
Bilan du projet
Les répercussions de l'action d'auto embellissement auprès de cent
familles se mesurent par la transformation de leur cadre de vie, leur
permettant d'avoir un autre regard sur leur environnement. Elle a fait
apparaitre les désirs et les besoins des habitants (soutien scolaire,
ateliers pour adultes, sport pour les jeunes, animations de quartier
avec les habitants).
Les logements
Les travaux concernent le second œuvre de cent logements : réfection des sols, peinture, tapisserie, boiserie.
Financements
- Les travaux (131.000 €) ont été financé par Emmaüs Habitat (61.000
€), des subventions publiques dans le cadre de la politique de la ville
(20.000 €), la Fondation de France (10.000 €) et les emprunts (40.000
€)
- L’accompagnement social et professionnel d'un montant de 39.000 € a
été financé pa la CAF (5000 €), la Fondation Abbé Pierre (12.000 €) et
le conseil régional de l'Ile de France (23.000 €)
Perspectives
Pour pérenniser la démarche travaux, un atelier a été créé avec AIPI pour permettre à ceux qui vont vivre dans un logement neuf de pouvoir l’embellir. L'objectif a terme est de créer une régie de solidarité.
Contact
Yann HERVE
EIREL
Maison du développement local
17, rue Edouard Vaillant
77 390 VERNEUIL L’ETANG
Tél : 01 64 06 16 88 – Fax : 01 64 06 24 42
e-mail : asso@eirel.org