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"IGLOO", ou comment se réinsérer en construisant son logement (PAPIER D'ANGLE)

AFP dépeche janvier 2008

CHELLES (Seine-et-Marne), 23 jan 2008 (AFP)

- Permettre à des familles en situation précaire de retrouver un emploi, et un logement adapté, en participant à la construction de leur futur toit, telle est la démarche de l'association IGLOO, partenaire à Chelles (Seine-et-Marne) de la construction de sept maisons.
L'OPAC a mis en chantier, dans le quartier sensible de Schweitzer-Laennec, sept maisonnettes de 50 à 75 m2. Les futurs locataires participent aux travaux, salariés les uns par des entreprises du bâtiment, les autres par une entreprise d'insertion.
IGLOO --pour Insertion globale par le logement et l'emploi-- a permis en 15 ans d'existence la construction de 280 logements (soit quelque 560 personnes logées), et le retour à l'emploi de la quasi totalité des chefs de familles concernés (dont 36% en CDI), selon des chiffres fournis par l'association, à l'occasion d'un colloque organisé à Chelles lundi et mardi.
L'opération de Schweitzer-Laennec, qui s'inscrit dans le cadre plus global d'un projet de renouvellement urbain, doit être livrée au printemps.
Sept familles en situation difficile, vivant du RMI ou de petits boulots, et habitant dans le quartier des logements inadaptés, ont été sélectionnées grâce au travail d'une association spécialisée, Phare, à partir de juin 2006.
Une autre structure, l'entreprise d'insertion EIREL, s'est chargée de trouver un emploi aux candidats, âgés de 25 à 50 ans environ : deux ont été embauchés courant 2007 en CDI dans des entreprises du bâtiment, trois sont en contrat avec EIREL, un sixième fait un stage de mettreur, selon Patrice Cottin, d'EIREL.
"Les candidats ont fait preuve de plus ou moins d'enthousiasme et de conviction. Pour certains retourner au travail est très difficile : l'un d'eux a des problèmes de santé, un autre n'a pas travaillé depuis neuf ans", explique-t-il.
Tous les candidats travaillent à un moment ou à un autre sur le chantier de leur futur logement, en fonction de leurs capacités et de leur corps de métier, mais pas seulement.
La principale difficulté, explique Abed Bouziane, directeur du développement à l'OPAC de Chelles, a été d'"articuler le profil des candidats avec le projet d'autoconstruction". "Ce ne sont pas des techniciens du bâtiment. Or nous avons des problématiques de marché public: on ne peut pas imposer n'importe qui aux entreprises, qui ont leurs contraintes".
Complexe à mettre en oeuvre, la démarche IGLOO revêt un double intérêt aux yeux de Jean-Baptiste Paturel, directeur de l'OPAC.
"IGLOO aborde deux problèmes en même temps, le logement et l'emploi et cela permet de dynamiser le quartier sur une expérience positive : on montre qu'on peut y arriver avec du travail et de l'effort. Un centre social a brûlé ici en 2005. Il est important de dire qu'on n'a rien sans rien, on ne va pas tout reconstruire à coups de millions parce que tu as tout brûlé".
Le surcoût pour l'OPAC ne s'élève qu'à quelques milliers d'euros, deux salariés étant par ailleurs mobilisés dans les associations partenaires.
Les candidats interrogés par l'AFP sont unanimes : entrer dans un appartement décent vaut bien de se remettre au travail... au moins pour un temps.
IGLOO regroupe l'Union sociale pour l'habitat, la Fédération nationale des Pact-Arim, la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale, la Mutualité sociale agricole et cinq confédérations syndicales.
sl/ls/js

 

DOS-IMM - 24/01/2008 06h56 GMT - AFP
Service : Service économique

 

 


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